
Kenya-Tanzanie : date limite NTB fin mai 2026. Cela permettra-t-il de réduire le coût au dédouanement de votre chariot télescopique ?
Le Kenya et la Tanzanie ont réaffirmé début mai que toutes les barrières non tarifaires au commerce bilatéral devaient être supprimées d’ici fin mai 2026. Cette directive, émise conjointement par les deux chefs d’État, s’inscrit dans le cadre plus large de la dynamique d’intégration de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et est considérée par la presse spécialisée comme une avancée majeure en matière de marchés publics. L'impact réel sur les coûts pour les acheteurs d'équipements est toutefois plus limité que ne le laisse entendre le titre.
Les obstacles non tarifaires (ONT) entre le Kenya et la Tanzanie ont historiquement pris trois formes : la duplication des formalités douanières aux postes-frontières de Namanga, Holili, Lungalunga et Sirari ; des différences dans l’application des limites de charge par essieu pour le transport transfrontalier de matériel ; et des divergences entre les normes régionales (vérification pré-exportation du KEBS par opposition aux évaluations de conformité du TBS). Chacune de ces difficultés entraîne des jours d’immobilisation, des frais d’agence et des coûts de réinspection. Un chariot télescopique de 12 tonnes transitant depuis le port de Mombasa vers Mwanza via la Tanzanie à bord d’une remorque surbaissée perdait autrefois entre 4 et 7 jours aux postes-frontières de Namanga ou Holili dans les pires cas de figure.
Ce qui prend fin avec la suppression des barrières non tarifaires, ce sont les coûts indirects. Ce qui ne prend pas fin, c’est le tarif extérieur commun de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE). Les biens d’équipement relevant de la position SH 8427 (chariots télescopiques, chariots élévateurs à fourche et autres chariots automoteurs similaires) sont soumis à un droit de douane de 25% et à une TVA de 16% tant au Kenya qu’en Tanzanie, et l’accord sur les barrières non tarifaires (BNT) de mai 2026 ne modifie aucun de ces taux.
Cette date butoir élimine les frictions aux frontières, mais pas les droits d'importation. Si le calcul des coûts d'approvisionnement repose sur un coût dédouané plus bas, la barrière douanière reste exactement où elle était, et l'avantage FOB d'un approvisionnement direct depuis la Chine (réf. 35-55%) continue de jouer un rôle prépondérant.
La question la plus épineuse est de savoir si la suppression des barrières non tarifaires incite les acheteurs à se tourner vers les marques de l'UE ou vers l'approvisionnement direct auprès des usines chinoises.
| Voie d'approvisionnement | Droit de douane de la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE) | TVA | Délais d'approvisionnement des pièces (Nairobi/Dar es Salaam) | Perte frontalière à l'époque de la NTB | Perte frontalière post-NTB | Livraison complète (du port au chantier) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Fabriqués dans l'UE (Manitou / JCB / Merlo) | 25% | 16% | 6 à 12 semaines via un revendeur local | 4 à 7 jours en période de forte affluence | 1-2 jours | 14 à 22 semaines |
| Chine usine-direct | 25% | 16% | 2 à 3 semaines par avion, 6 à 8 semaines par bateau | 4 à 7 jours en période de forte affluence | 1-2 jours | 8 à 12 semaines |
| Assemblage local (Tanzanie uniquement) | 0-10% sur les kits KD | 16% | Mixte | 2-3 jours | 1-2 jours | 8 à 14 semaines |
L'avantage est plus marqué pour la ligne directe vers la Chine en termes de délais absolus, car le cycle du fret maritime direct vers la Chine est, par définition, plus court. Un chariot télescopique chinois dédouané à Mombasa, qui gagne 4 à 5 jours à Namanga, arrive sur un site de Mwanza ou d’Arusha en 9 à 11 semaines au lieu de 13 à 15. Les engins fabriqués dans l’UE gagnent les mêmes 4 à 5 jours, mais leur cycle global est plus long.
Si vous êtes une société de location régionale exploitant des flottes au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, l'accord NTB augmente la valeur des engins immatriculés dans la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE). Un chariot télescopique immatriculé en Tanzanie et ayant obtenu sans encombre son autorisation à Namanga peut ainsi décrocher le prochain contrat à fort taux d’utilisation au Kenya sans avoir à être réimporté ni à payer à nouveau de droits de douane. L’extension du rayon d’action se traduit par une augmentation de 8 à 151 TP3T du taux d’utilisation de la flotte dans les secteurs minier, agricole et logistique du corridor de Lobito.
Si vous êtes un entrepreneur à la recherche d'un projet limité à un seul pays (extension du réseau routier au Kenya, logistique du cuivre en Tanzanie, exploitation minière en Ouganda), l'accord sur les barrières non tarifaires (NTB) a moins d'importance ; vous n'importez qu'une seule fois, et les frictions aux frontières ne vous affectent jamais. L'importation directe depuis la Chine reste plus avantageuse en termes de coût à l'arrivée.
Si vous êtes un organisme public chargé des marchés publics ou un acheteur soutenu par une banque de développement (KeNHA, TANROADS, KenGen, TPDC), la suppression des barrières non tarifaires ne modifie pas les conditions économiques des appels d'offres, mais elle réduit les délais de mobilisation des équipements pour les lots de projets transfrontaliers. Cela favorise les stocks fabriqués ou constitués en Afrique, et non les importations en provenance d’un seul pays.
Un compromis honnête qui mérite d'être souligné : les chariots télescopiques fabriqués dans l'UE bénéficient d'une meilleure réputation auprès des concessionnaires de l'EAC, d'une garantie plus longue et d'une valeur résiduelle de revente plus élevée sur le marché secondaire régional. Les engins vendus directement par les usines chinoises ont rattrapé leur retard en matière de fiabilité des moteurs Cummins, mais la plus-value liée aux marques Manitou et JCB reste rentable à la revente au Kenya et en Tanzanie au bout de 5 à 7 ans. Pour les acheteurs qui prévoient de conserver leur matériel pendant 8 à 12 ans, cet écart de valeur résiduelle tend vers zéro.
Le point fort des approvisionnements directs en provenance de Chine reste la personnalisation. Les équipementiers européens livrent des modèles standard issus de leur catalogue ; l’approvisionnement direct en provenance de Chine permet quant à lui aux acheteurs de négocier à l’avance, dès la commande, l’équipement de climatisation de la cabine, l’amélioration du débit hydraulique, le porte-accessoires et un kit de pièces détachées valable 12 mois. Ce kit de pièces détachées est le levier qui permet de combler l’écart de valeur résiduelle par rapport à l’UE sur les marchés d’exportation.
Pour les plans d’approvisionnement de 2026 sur l’ensemble du corridor de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), la date limite fixée pour la suppression des barrières non tarifaires (BNT) constitue un avantage logistique, et non une réduction tarifaire. Les acheteurs qui ont fondé leur analyse de coûts sur le droit de douane CAE 25% ne verront pas ce dernier évoluer. Les acheteurs qui l’ont fondée sur les temps d’immobilisation transfrontaliers bénéficieront d’un gain de 4 à 7 jours sur les opérations de leur flotte régionale. Les décisions d’approvisionnement continuent de dépendre du prix FOB, des délais de livraison des pièces et de la flexibilité de configuration, autant d’éléments que la directive de mai 2026 n’aborde pas.
Demandez une comparaison des coûts au dédouanement entre le Kenya et la Tanzanie pour votre commande de chariots télescopiques prévue en 2026, en comparant l'Union européenne, l'importation directe depuis la Chine et l'assemblage local en Tanzanie, afin d'évaluer la carte des coûts réels au sein de la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE) après la suppression des barrières non tarifaires.